Messe en Seine

Messe en Seine

Au soleil couchant j’attends le début du chant
Des lumières et des ombres doucement se meuvent
Dans le noir de la scène une voix alors s’élève
Venant du très loin comme un retour lointain

Telle une bombe la voix soudainement explose
Dans le corps les organes encaissent le son
Enregistrent tel un sismographe les déflagrations
Et les ondes sonores projetées par des gueules béantes

Effleurant le miracle la foule s’agite tel un seul homme
Venu assister à une messe moderne
Une seule femme sur scène déclenche l’hypnose
Donnant le la, donnant le rythme, prêtresse païenne
Les corps suivent sa voix chaloupée
Emportés qu’ils sont par la mélodie divine

Envoûtée par cette manifestation mystique
La foule se sent bénie par des forces obscures
Sans renier ses dieux monogames et tristes
Elle aime s’adonner à ces plaisirs de jouvence
A ces rites emplis d’une sagesse reptilienne
Qui marquent son année d’une empreinte régressive
L’an prochain encore, encore recommencer…